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Le Chemin de Fer Touristique du Rhin |
| Vapeurs | 030-TB | 020-Henschel | 020-Cockerill | 020-Fives | 020-Decauville |
| Diesel | Y2402 | Decauville | V22 | Hispano-Suiza | A1A-A1A 62029 | Köf | LLD | Deutz |
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Les 030TB130 et 134, ex T3 6130 et 6134 EL
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La 030 au dépôt de Volgelsheim, juillet 2005 (Photo Kieffer Sébastien) |
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Le Musée Français du Chemin de Fer présente le paradoxe suivant: il a été bâti dans une des régions les plus dynamiques dans la construction mécanique et particulièrement dans la fabrication industrielle de locomotives mais il n'abrite aucune locomotive du réseau Alsace-Lorraine. Il semble qu'il faille y voir un reniement du caractère typiquement germanique de ce réseau qui fut en son temps le plus prospère de France et surtout le seul rentable même après la crise de 1929. Il n'y a pas si longtemps, toute question se rapportant à la "germanitude" de l'Alsace était taboue et il n'est donc pas étonnant qu'il y ait eu volonté dans les années après-guerre jusqu'à nos jours de laisser mourir à petit feu tout engin rappelant le voisin allemand. Au titre de la conservation du patrimoine technique et industriel, il est de toute façon hautement regrettable que sur les dizaines de locomotives dont disposait le réseau lors de la nationalisation, aucune n'ait été conservée jusqu'à l'époque actuelle par les administrations assez peu "compétentes" (ou surtout soucieuses de suivre le mot d'ordre) d'autant que la rotonde du dépôt d'Hausbergen servit longtemps à entreposer les engins destinés au Musée. Cependant le CFTR a eu la chance de redécouvrir deux engins ayant appartenu à l'EL (Elsass-Lothringen) puis AL (Alsace-Lorraine) et ayant été construits à la prestigieuse usine de la SACM à Illkirch-Graffenstaden. |
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La plaque du prestigieux constructeur alsacien EMG - Elsässische Maschinenfabrik Graffenstaden. (Photo Kieffer Sébastien) |
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Un peu d'histoire.
Les deux engins récupérés appartiennent à la série composée des sous-séries numérotées D26, D27, D29 et D30, construits entre 1891 et 1900, et renumérotées T3 après 1906. Nos engins sont issus de la sous-série D30 682 à 693. Toute cette série sera rassemblée après 1906 sous la numérotation T3 2073 à 2113 et après 1912 sous la numérotation T3 6101 à 6141. Nous désignerons par la suite les engins par cette dernière numérotation pour plus de simplicité. Conformément à la tradition du réseau, tous les engins sont baptisés. Ainsi la 6130 répond au doux nom de Berthold tandis que la 6134 a été appelée Theodor. Les 6100 sont des locomotives tender, à deux cylindres à simple expansion sans surchauffe, à trois essieux accouplés et à distribution Allan. Elles ont été équipées du frein à air Westinghouse après 1910. Ci-dessous le lecteur trouvera les caractéristiques principales de ces petits engins: |
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Quelques
appréciations sur leur service: Le cahier des charges de ces locomotives n'était pas très ambitieux et pour cause. Il s'agissait avant tout de produire à moindres frais un engin simple, robuste, qui puisse servir de facon sûre et régulière à la manoeuvre. Le dessin originel de ces locomotives, classées D30 lors de leur production est celui de la série D22, (en fait T3 version EL) qui lui-même date de 1882. On ne peut pas dire que l'évolution à l'époque ait été rapide et il est peu étonnant dès lors de constater qu'avant même leur production, elles étaient dépassées. Cependant, il ne s'agissait pas de tracter de lourds trains ou d'atteindre de hautes vitesses, mais bien de simplifier au maximum les organes et le fonctionnement pour assurer le maximum d'heures de service. Ce sont cette simplicité et cette robustesse qui leur ont valu pour treize au moins d'entr'elles d'être récupérées par des entreprises privées pour une seconde vie. |
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La 6132 en service dans la région strasbourgeoise dans les années 30 (Photo: Henri Fohanno, collection Raymond Floquet) |
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| La 030 TB 130 à Cernay en 1982, avant sa restauration (ci-dessus) et en état de marche au CFTR (ci-contre) | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
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En 1937, de la série 6101 à 6141, restent les 6125, 6130, 6132, et les 6134 à 6137. Trois engins se retrouveront dans les inventaires de la SNCF à savoir les 6125, 6130 et 6134 devenus 030 TB 125, 130 et 134. De la fin de la Guerre à Mai 1950, la 130 reste affectée aux CFL sous le n°30.00. Pendant ce temps, la 134 est affectée à Strasbourg à la manœuvre de trains de charbon à la gare au charbon. Ensuite elle rejoint sa sœur à Sarrebourg, où, ensemble, elles seront rachetées par les Aciéries d'Audincourt en 1958. Elles y serviront jusqu'en 1970, date de fermeture de la société. Elles furent alors revendues au ferrailleurs Vernerey en compagnie d'une Henschel (qui n'est pas celle récupérée par le CFTR). C'est là, en 1982, qu'elles ont été découvertes par les fondateurs du CFTR, rachetées puis transférées à Cernay, sur un embranchement particulier prêté par une entreprise. La 130 était incompréhensiblement en bon état de foyer et de chaudière ce qui a permis de la remettre en route bien plus rapidement que la 134, très malade du point de vue de la tôlerie et dont de nombreuses pièces manquaient. Cependant, malgré ce mauvais état, il a été décidé de les réparer toutes les deux. En effet, elles sont les plus puissantes locomotives à vapeur du club et nécessaires à la traction des trains touristiques pendant la saison. Or l'APAVE exige un contrôle décennal, pendant lequel l'intégralité de la locomotive doit être démontée. Pendant le contrôle de l'une, l'autre assure le trafic ce qui permet de montrer au public une 030 AL de façon ininterrompue. Sachant qu'il faut quelques années pour l'opération démontage, contrôle, remontage de l'engin, on comprend le bien-fondé de cette décision. Terminons par remarquer qu'elles sont toutes les deux classées monument historique. Quelques photos au CFTR |
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| La 030TB134 au dépôt (en haut), en ligne (milieu) et à la manoeuvre (en bas). Photos: Kieffer Sébastien (Juillet 2005) | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
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